Ce que nous avons dit à la Mission Lescure

septembre 29, 2012 dans Annonce

Nous avons été auditionnés le 29/09/2012 dans le cadre de la Mission Lescure, au nom du collectif. Voici la vidéo intégrale de notre audition, le fichier est placé sous licence creative commons à notre demande.

La carte heuristique ci-dessous indique tout ce que nous avons dit aux membres de la mission, elle est sous licence creative commons by-sa. Dans la carte il y a des des liens vers les sources, il suffit de déplier les branches (signe +) et de cliquer sur la petite flèche qui apparait au bout de certaines branches.

 

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SavoirsCom1 soutient le rapport Open GLAM sur l’ouverture des données et des contenus culturels

septembre 28, 2012 dans Annonce

Le collectif  SavoirsCom1 apporte son soutien au rapport Open GLAM, destiné à formuler des recommandations pour favoriser l’ouverture des données et des contenus culturels, produits par les archives, les bibliothèques et les musées en France.

Ce rapport indique des pistes, sur plusieurs plans : juridiques, économiques, institutionnels,afin de lever les blocages à l’ouverture existants dans le champ culturel. Il montre comment les institutions culturelles pourraient contribuer de manière plus active au mouvement de l’Open Data en France, en rendant réutilisables des métadonnées qu’elles produisent. Le rapport s’attache aussi à défendre que l’intégrité du domaine public doit être strictement respectée lors de sa numérisation.

SavoirsCom1 soutient le rapport Open GLAM, dont les orientations sont essentielles pour faire en sorte que les institutions culturelles participent à la constitution de biens communs de la connaissance. Elles sont compatibles avec le manifeste du collectif et notamment les points suivants :

5. L’ouverture des données publiques dans des conditions qui évitent les enclosures doit favoriser des cercles vertueux. Quand il s’agit de favoriser le développement de nouveaux modèles d’affaires, cela doit se faire dans des conditions de “partage à l’identique” où ce qui est créé et vendu de manière exclusive ne doit pas être la ressource mais les services qui lui sont associés.

8. Le domaine public et les savoirs partagés doivent être encouragés, préservés et soutenus par les politiques publiques. Le collectif soutient les 10 recommandations issues du Manifeste pour le domaine public[...] Toutes ces composantes du domaine public qui permettent un accès accru à notre culture et à notre patrimoine sont essentielles.

SavoirsCom1 appuiera les initiatives en cours destinées à porter à la connaissance des pouvoirs publics et des institutions culturelles les recommandations du rapport.

SavoirsCom1 auditionné par la Mission Lescure

septembre 26, 2012 dans Annonce

Lionel Maurel et Silvère Mercier, co-fondateurs de ce collectif, sont auditionnés ce matin du 26/09 par la « Mission culture-acte 2″ Présidée par Pierre Lescure et lancée hier par La ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti.

Nous diffuserons très bientôt les documents et les idées que nous avons portées à la connaissance des membres de la commission.

Think outside the box, try the librarybox !

septembre 25, 2012 dans Les biens communs en action

Le plug numérique de Lezoux

À l’origine était la PirateBox, développée et popularisée par le professeur David Darts de l’Université de New York. De quoi s’agit-il ? C’est tout simple : imaginez qu’en arrivant dans un lieu donné, votre tablette, votre smartphone ou votre ordinateur vous indique l’existence d’un signal wi-fi ouvert dont le nommage ne ressemble pas aux réseaux habituellement connus… Sous le nom de PirateBox ou s’y apparentant, votre appareil se connecte à ce réseau et là, pour paraphraser Jack London, « sur les murs de la PirateBox, je vis un monde surgir de l’horizon. »

C’est à partir de ce cet enthousiasme que Jason Griffey, chef de l’IT Department de la bibliothèque universitaire du Tennessee a eu l’idée d’adapter la PirateBox à son contexte. En respectant bien entendu l’esprit du projet (FLOSS pour « Free, Libre and Open Source Software »), il a publié sur son site tous les ingrédients et la recette nécessaires à la mise en place d’une LibraryBox.

Imaginez maintenant qu’en vous installant dans les chauffeuses de votre bibliothèque préférée, votre appareil détecte ce signal étrange et pénétrant. En usager modèle qui se précipite sur toutes les recommandations de vos bibliothécaires préférés, vous vous y connectez et, par une interface très simple s’ouvrant dans le navigateur de votre appareil, vous accédez à un catalogue de contenus numériques :

Page d’accueil de la BiblioBox réalisée par La Fonderie

Bien sûr dans ce cas il s’agit de contenus libres ou du domaine public, que votre bibliothèque a sélectionné pour vous et que vous pouvez donc librement télécharger. Et c’est précisément là que nous retrouvons la question des biens communs et plus particulièrement le 8e point du manifeste ainsi que que le 10e point, pour ne citer que ces deux-là. En effet, la bibliothèque, outil de politiques publiques sur un territoire, encourage ainsi le domaine public et les savoirs partagés. Ce faisant et sur son territoire d’intervention, la bibliothèque se positionne comme un acteur qui favorise la création et le développement des biens communs. E-books, musique, vidéo… que ce soit au travers de la richesse patrimoniale mais bien vivante du domaine public ou au travers de l’extraordinaire mais trop méconnue diversité et qualité des contenus placés sous des licences libres, la bibliothèque a un rôle d’intermédiaire à jouer. Des exemples nombreux, comme celui de l’excellent site ZikLibrenbib, se font aujourd’hui jour.

Or c’est sur ce dernier point du rôle des intermédiaires que l’expérimentation menée à Lezoux dans le Puy-de-Dôme par la Médiathèque départementale (MD63) en partenariat avec la Région Auvergne, nous fournira des enseignements précieux. Car et comme le rappelle le manifeste : « Plus que d’accès, c’est l’enjeu de l’accompagnement à l’acquisition d’une culture informationnelle qui est important. Le collectif soutient la création et le développement de (tiers) lieux (bibliothèques, centres culturels, fablab, etc.) comme espaces communs largement ouverts et modulables dans lesquels peuvent se déployer des usages collectifs. Il s’agit de croiser les approches des acteurs comme des usagers, et de décloisonner les services publics au bénéfice des politiques publiques de l’éducation, de la culture ou du développement économique. »

Le « plug numérique » en action, photo de l’équipe 27e Région

Depuis juin dernier et jusqu’à la fin de l’année, nous sommes engagés dans une démarche de « territoire en résidence » grâce à l’équipe de la 27e Région qui a fait du « design de services » un moteur d’innovation sociale et d’implication des habitants dans les politiques publiques. Il s’agit de construire avec la population une « vision désirable » de la future médiathèque intercommunale et de contribuer ainsi à un renouvellement des politiques publiques. Élisa, Blandine, Damien et Adrien ont proposé à la médiathèque départementale du Puy-de-Dôme, chef de projet sur le chantier de ce futur équipement, d’expérimenter avec les habitants plusieurs services innovants qui pourront ensuite être développés, ou non, par la prochaine médiathèque de Lezoux.

C’est plus particulièrement grâce à Damien Roffat et Adrien Demay que la BiblioBox de Lezoux a vu le jour la semaine dernière. Convaincus dès le départ que le passage à des fichiers numériques pouvait profondément renouveler non seulement les services d’une médiathèque intercommunale (c’est une évidence) mais aussi les façons dont nous BDP accompagnons les bibliothèques du réseau départemental. En effet toute la logistique générée par la gestion du circuit du document « tangible » depuis sa réception jusqu’à sa livraison en bibliobus, en passant par son stockage, son retour ou son élimination, pourrait se trouver radicalement revue si la source était numérique au départ.

Et il ne s’agit pas d’abandonner les espaces physiques que sont les bibliothèques où se nouent des relations sociales essentielles à la diffusion des savoirs et des savoir-faire. Il ne s’agit pas non plus d’abandonner le livre-objet en papier puisqu’un fichier numérique peut très bien être « rematérialisé » sous une forme appropriée au contexte et au besoin spécifique (texte complet ou extrait ? Reliure de qualité ou livre recyclable ? Gros caractères ou livre de poche ?…).

Mais pour que ces pistes offertes par l’existence et l’intégration « au catalogue de la bibliothèque » de fichiers numériques deviennent un jour des services standards de la médiathèque intercommunale de Lezoux, il était primordial d’en faire un prototype et de le tester avec la population sur un temps long.

Le mode d’emploi de la BiblioBox, photo de l’équipe de la 27e Région

À partir d’une Librarybox préparée selon le protocole détaillé par Jason Griffey par l’équipe de La Fonderie (merci à Loïc Haÿ pour son aide), nous nous sommes lancés avec Damien, Adrien et ma collègue Laurence dans le chargement et les ultimes paramétrages de la BiblioBox mais aussi dans sa construction et la valorisation de ses contenus. Il aurait été vain et contre-productif de vouloir recréer une forme d’encyclopédisme des contenus proposés, à l’instar du Web. Plutôt que de courir cette course sans fin et perdue d’avance, nous avons choisi de faire un travail de sélection et de valorisation de contenus du domaine public et libres en lien avec une thématique. Dans la mesure où nous travaillions à la définition d’un futur équipement public structurant et si possible novateur, nous avons retenu le thème de l’utopie : utopie sociale, technologique, artistique…

C’est dans cette optique que nous avons installé – pour démarrer – dans la clef USB reliée à la box une vingtaine e-books, une vingtaine d’albums et une vingtaine de films en lien avec notre problématique. L’exercice est parfois acrobatique mais c’est l’expérience qui compte… Ces titres sont accessibles de deux manière : soit par le réseau wi-fi généré par la LibraryBox, soit par port USB relié à un vieux PC tournant sous Ubuntu et permettant uniquement le téléchargement des fichiers.

Pour les e-books, disponibles en e-pub et pdf, c’est bien sûr Calibre qui nous en permet la gestion aisée et l’excellent Calibre2opds qui permet l’export du catalogue et des fichiers (pages html et fichiers e-books) nécessaires à la navigation dans ces ressources (car en wi-fi ou par USB, vous l’aurez compris, c’est le navigateur qui permet leur signalement et leur téléchargement). Au-delà de cet accès, il nous a paru important de signaler ces ressources physiquement sur la cabine (nommée « plug numérique »), avec des numéros correspondants aux ressources décrites.

C’est encore un peu court pour tirer de grandes conclusions mais ce que nous pouvons d’ores et déjà en dire :

  • nous avons vu à plusieurs reprises des personnes s’arrêter et tester depuis la cabine le téléchargement des fichiers proposés (pourtant disponibles en ligne par ailleurs donc). Oui, Metropolis de Fritz Lang intéresse toujours et heureusement !
  • C’est l’occasion d’expliquer les aspects techniques et juridiques de l’échange non-marchant de fichiers numériques.
  • C’est l’occasion de créer une émulation chez les bibliothécaires et le public de repérage et promotion de contenus numériques.
  • Pour les bibliothécaires, la sélection et la mise en valeur de ces contenus les invite à prendre conscience de la force et de l’importance des biens communs de la connaissance, dans la droite ligne du projet de notre collectif.

Quelques fichiers disponibles, photo de l’équipe de la 27e Région

L’expérience va donc se poursuivre en tentant d’affiner le modèle technique et le catalogue proposé, d’imaginer des services autour de ce plug (impression à la demande ? Catalogage collaboratif ? Traductions collaboratives des vieux films non sous-titrés et pourquoi pas avec des professeurs de langues et leurs élèves ?…).
A suivre donc…

Renaud Aïoutz (Médiathèque départementale du Puy-de-Dôme)