http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2013/10/open-access-du-r%2525C3%2525AAve-au-cauchemar-bis.html

« Comment assurer open acces et qualité scientifique ? Jean-Claude Guédon: Il faut faire le ménage, par exemple soutenir le travail de Jeffrey Beall (Université de Denver, Colorado) qui tient une liste des éditeurs prédateurs et diffuser cette liste largement; soutenir le DOAJ Directory of open access journals, créé en Suède par Lars Bjornshauge. créer des listes internationales, régionales, voire nationales, sde revues de qualité et en exclure les autres. Au fond, si les gouvernements prenaient leurs responsabilités, c’est eux qui devraient financer, sur fonds publics, la publication des articles scientifiques puisqu’ils financent la recherche. Ils pourraient ainsi surveiller (préférablement sur une base internationale) la qualité des vecteurs de communication scientifique. Hélas, leur passivité relative, encouragée par l’inten se lobbying des éditeurs, ne laisse d’autre solution que le recours à des fondations pour tenter de financer, un système efficace de contrôle de la qualité scientifique. Incidemment, le contrôle de qualité en vigueur, largement mené à coup de facteurs d’impact, dépend de compagnies privées (encore une fois Thomson-Reuters) mettant en œuvre des procédures opaques, mais personne n’a l’air de beaucoup se soucier du fait que le roi, en fait, est nu. Au final, l’histoire ,surtout après la deuxième guerre mondiale, a vu les articles scientifiques publiés de plus en plus par des entreprises commerciales, elles aussi prédatrices (30-40 % de profits dans le cas d’Elsevier, par exemple), ce qui a fait exploser leurs coûts pour les bibliothèques. D’où la riposte des chercheurs et de ces dernières avec l& rsquo;open access… Nous assistons maintenant à la réaction des maisons d’édition à l’open access, et celle-ci repose essentiellement sur l’appropriation perverse de l’un des modèles économiques de la voie dorée. Se replier sur la solution des éditeurs privés (Elsevier, Wiley…) m’a toujours semblée une mauvaise idée pour la communication scientifique. Quelle garantie de contrôle de qualité scientifique pouvons-nous en effet espérer quand celle-ci se conjugue, d’ailleurs malaisément, à la quête acharnée de profits ? L’open access demeure le rêve à poursuivre, mais il faut l’accompagner des moyens permettant d’éviter ses dérives actuelles. »