Un vote aura lieu au Parlement européen le 11 octobre prochain à propos du règlement ePrivacy, qui revêt une importance particulière pour la protection de la vie privée sur Internet.

Le texte, tel que proposé par la Commission européenne, contient plusieurs dispositions qui vont fragiliser la position des individus face aux entreprises du numérique. Il revient notamment sur l’obligation de recueillir le consentement des personnes pour analyser et exploiter leurs communications, pour procéder à leur géolocalisation ou pour pister leur navigation sur Internet, y compris à des fins de ciblage publicitaire.

De tels reculs diminueraient notre capacité à contrôler l’usage de nos données personnelles et renforceraient encore l’emprise des plateformes centralisées sur nos vies.

Plus grave encore, en dépouillant les individus de la capacité à exercer leur consentement, le règlement ePrivacy nous priverait de la possibilité de construire des alternatives pour pouvoir protéger et gérer les données personnelles et notre vie privée. Le fait de ne plus consentir à la récupération de nos données nous impose une forme d' »enclosure », les entreprises s’appropriant ainsi nos données, et nous prive de cette gestion transparente et collective qui devrait être la norme et reste à construire.

Internet ne pourra plus continuer à être considéré comme un bien commun, si la marchandisation des données personnelles est poussée à ce point; ni même un espace de libre expression, de contribution et de collaboration, si ces activités sont freinées ou empêchées, parce que les individus ne savent plus ce que deviennent les idées qu’ils expriment ou les traces qu’ils laissent en ligne.

C’est la capacité même à utiliser le numérique pour construire des communs qui serait alors compromise.

Pour ces raisons, pour que le consentement reste un préalable à leur collecte et à leur traitement,  le collectif SavoirsCom1 vous appelle à vous rendre sur le site mis en place par La Quadrature du Net pour plus d’informations sur les enjeux du règlement ePrivacy et à écrire ou contacter les eurodéputés avant le vote du 11 octobre.