Heure du conte en bibliothèque : SavoirsCom1 appelle à la vigilance suite à la réponse de la SACD !

mars 19, 2014 dans Débats, Les biens communs en action

 par elPadawan licence cc  by-sa

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Par un communiqué publié hier, la SACD a répondu à ce qu’elle appelle la « polémique » sur l’Heure du conte en bibliothèque.
SavoirsCom1 prend acte de l’affirmation selon laquelle les faits mentionnés sur le forum de l’ABF correspondraient à un cas isolé, et non à un changement de la politique de la société vis-à-vis des lectures publiques destinées à des enfants en bibliothèque.

Cependant, le communiqué de la SACD est loin d’être totalement éclairant sur ce qui s’est produit, ni complètement rassurant pour l’avenir.En effet, la SACD reconnaît l’existence d’une « demande de renseignements par mail sur les œuvres utilisées dans le cadre de l’Heure du conte par une bibliothèque ».

On est en droit de s’inquiéter du contexte et des modalités de traitement de cette demande d’informations, même si ensuite « aucune perception de redevance n’a été enclenchée ».Par ailleurs, la SACD n’indique à aucun moment dans son communiqué que les lectures publiques gratuites réalisées par des bibliothécaires à des groupes d’enfants devraient pouvoir rester libres ou ne pas être soumises à tarification. Au contraire, elle réaffirme que ces usages sont assimilables à des représentations publiques d’oeuvres protégées, soumises en tant que telles à autorisation préalable des auteurs. Elle précise par ailleurs sa compétence pour agir sur ce terrain, par le biais des mandats confiés à la société par des éditeurs.

Loin d’être rassurants, ces éléments confirment bien au contraire que les heures du conte ne subsistent qu’en vertu d’une tolérance fragile pouvant être remise en question à tout moment.Plus loin, la SACD indique avoir « pris la décision d’ouvrir une concertation avec les auteurs, les ayants  droit et les bibliothèques sur la question des lectures afin d’en  préciser les règles et d’améliorer le système dans l’intérêt des auteurs  et de leur public, notamment les plus jeunes. »Si une « concertation » devait voir le jour, il serait nécessaire de rester très vigilant pour que ces négociations ne constituent pas une occasion de revenir en arrière sur les pratiques permettant aujourd’hui à des bibliothécaires d’accomplir auprès des enfants des actes de médiation essentiels pour l’apprentissage de la lecture et la découverte de la culture. Une telle concertation fait courir le risque que des accords sectoriels soient imposés, à l’image de ce qui existe actuellement en lien avec l’exception pédagogique et de recherche, ce qui reviendrait précisément à rendre les lectures publiques en bibliothèques payantes pour les établissements, quand bien même elles ne font pas intervenir de personnes rémunérées pour la lecture. Cela aboutirait à réduire la sphère des usages libres et gratuits de la culture, là où ils sont les plus légitimes.Le système actuel doit en effet être « amélioré », mais pour faire en sorte que de tels usages collectifs des œuvres soient explicitement garantis par la loi. Les représentations d’œuvres effectuées dans un cadre non commercial dans les lieux accessibles au public devraient être couvertes par une exception au droit d’auteur, afin de les mettre hors d’atteinte. Un tel résultat peut être obtenu en élargissant l’exception déjà prévue actuellement pour les représentations gratuites effectuées dans le cadre du cercle de famille.

Les réactions qui ont eu lieu ces derniers jours ont montré un très large attachement à ces formes d’usage que constituent les lectures publiques aux enfants en bibliothèque. Si ces pratiques culturelles collectives sont reconnues comme socialement utiles et légitimes, elles ne peuvent se satisfaire d’une simple tolérance révocable, mais doivent trouver une consécration légale, pleine et entière.

SavoirsCom1 ne considère pas que le communiqué fait par la SACD apporte une réponse sur le fond aux questions posées ces derniers jours à propos des lectures publiques en bibliothèque. Nous resterons attentifs et mobilisés quant aux suites qui seront données, en appelant les bibliothécaires qui participeront à cette concertation à la vigilance.

Dans  cette perspective, SavoirsCom1 appelle les bibliothécaires à nous signaler les cas similaires auxquels ils auraient pu être directement confrontés (correspondant à des animations gratuites réalisées en dehors du recours à des intervenants rémunérés).

Le Réseau francophone autour des biens communs interpelle les candidats aux municipales

mars 4, 2014 dans Les biens communs en action

vebcLe « réseau francophone autour des biens communs » décline des pistes concrètes et les candidats sont invités à s’en emparer à travers un document intitulé « Les Communs, candidats aux municipales- 16 propositions pour tout de suite »

Ces 16 Propositions, regroupées en trois parties, :
A/ La municipalité productrice de Communs,
B/ La municipalité coproductrice de communs avec les citoyens
C/ La municipalité, soutien et facilitatrice des Communs.

sont issues d’expériences à déployer « qui peuvent aider à définir, appuyer ou intensifier une politique des Communs à l’échelle des villes ». L’intégralité de ces propositions  est accessible sur le site de Villes en biens communs. Pour en savoir plus, le réseau peut être contacté : contact.vebc@bienscommuns.org 

Le collectif SavoirsCom1 relaie ces propositions, certaines concernant directement les biens communs de la connaissance.

A/ La municipalité productrice de Communs

1. Des archives et des fonds de bibliothèques et de musées du domaine public numérisés en libre accès

2. Des contenus produits par la municipalité en accès libre pour nourrir un domaine public volontaire

3. Une politique active d’ouverture de données sous licence partage à l’identique   

4. Favoriser la circulation des informations par la mise à disposition d’accès internet ouverts dans les espaces et bâtiments publics.

B/ La municipalité coproductrice de communs avec les citoyens

5. Un espace public co-designé avec les habitants, pilier d’une gouvernance contributive

6. Une information sur la ville coproduite avec les habitants

7. Renforcer l’investissement citoyen face au changement climatique

8. Des jardins partagés au « guerilla gardening » : remettre la nature en Commun dans la ville

9. Des réseaux d’accès à internet collaboratifs et ouverts

10. Soutenir l’émergence citoyenne de monnaies complémentaires

C/ La municipalité, soutien et facilitatrice des Communs

11. Faire le choix des logiciels libres

12. Utiliser et alimenter des fonds cartographiques ouverts

13. Mailler le territoire de tiers-lieux susceptibles d’accueillir et faire fructifier l’innovation sociale et le débat citoyen

14. Développer l’habitat participatif et groupé

15. Permaculture et circuits courts : nourrir les villes autrement

16. Soutenir les dispositifs participatifs dans la gestion des ressources naturelles

 

 

Open data culturel : audition de notre collectif au Sénat

février 19, 2014 dans Les biens communs en action

Logo_du_Sénat_Republique_française.svgNous sommes intervenus lors d’une audition au Sénat le 6 février dernier à l’invitation de la Mission commune d’information sur l’accès aux documents administratifs et aux données publiques organisée par le Sénat.

Sont intervenus Silvère MERCIER, co-fondateur du collectif, Pierre-Carl LANGLAIS, doctorant en sciences de l’information et de la communication à Paris IV, administrateur de la Wikipédia francophone, et Thomas FOURMEUX, assistant multimédia au sein des bibliothèques d’Aulnay-sous-bois.

Vous trouverez le lien vers la vidéo de notre intervention ci-dessous. Vous pouvez également télécharger notre intervention en mp3 ou l’écouter en ligne :

 

La mission d’information du Sénat sur l’accès et la réutilisation des informations publiques a également lancé une consultation publique ouverte à tous. SavoirsCom1 incite tous les acteurs intéressés par l’ouverture des données publiques à y répondre !

 

Projet de recherche Free/Libre Open Knowledge (FLOK) pour la transition en Equateur

décembre 17, 2013 dans Annonce, Les biens communs en action

flokL’Équateur a lancé une initiative visant à faire se rencontrer les communautés indigènes et des chercheurs autour du partage de la connaissance.

Ce pays a entrepris de refonder son économie en déclenchant une transition nationale vers une société de la connaissance libre et ouverte  à travers le projet de recherche Free/Libre Open Knowledge (FLOK) dirigé par Michel Bauwens. L’Équateur devient ainsi  le premier pays à s’engager dans la création d’une société basée sur la connaissance ouverte comme biens communs.

Le projet sollicite  l’aide des personnes qui partout dans le monde sont engagées dans des initiatives de changement basé sur la connaissance ouverte, la coopération et le renforcement des communs afin qu’elles partagent l’information sur les initiatives qui peuvent inspirer la démarche en Équateur.

Une lettre ouverte disponible dans une dizaine de langues différentes  détaille ce projet.

Le hashtag #OpenEcuador permet de suivre les initiatives autour de ce projet.

Pour en savoir plus sur ce projet : une brève présentation traduite en français sur le site Remix The Commons.

« L’Equateur est le premier pays à s’engager dans la création d’une société basée sur la connaissance ouverte comme biens communs. Afin de réaliser la transition vers un « bien savoir », ou une société de «bonne connaissance» »