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« Au fil de la lecture, on voit que le véritable ennemi de Morozov est l’anthropologie qui domine les sciences économiques, la psychologie comportementale et les neurosciences (p. 343), c’est-à-dire la considération de l’individu comme un « automate » dont tous les comportements pourraient être abordés « en utilisant le vocabulaire aride des incitations et des opportunités » (« using the dry talk of incentives and opportunities », p. 41). La critique n’est pas neuve, mais l’intérêt de l’ouvrage est de montrer combien cette anthropologie sommaire détermine la conception de multiples « solutions » technologiques, censément neutres et en fait pensées pour des individus atomisés, sans profondeur psychologique ni historique (p. 237). Se soustraire à cette tyrannie de l’efficacité implique pour Morozo v de réhabiliter la politique en un sens plus noble, comme discussion sur les différentes formes de la vie bonne, et de développer un rapport plus riche à la technique, en imaginant des outils qui augmenteraient nos capacités de réflexion plutôt que l’efficacité du système tel qu’il existe (p. 321). »