marche-du-livre.jpgDans un article paru le 10/08 sur le site Actualitté, il est fait mention d’une étude qui bouscule une idée reçue très présente dans les discours : Rien ne prouve que les ventes Internet fragilisent la librairie.

En plein coeur de l’été l’information a suscité l’intérêt de nombreux professionnels et a été reprise sur le site Slate.fr. L’auteur de cette analyse est un membre du collectif SavoirsCom1 qui a souhaité rester anonyme. Il propose l’analyse suivante :

Premier constat, qui bat en brèche bien des idées reçues, lues ici et là ces derniers mois : la part des libraires dans le CA du livre est stable depuis 2001 à 18,40%, contre 19% en 2012, et 18% en 2013. On pourra opposer que les années 1998-2000 était à environ 21%, mais c’était sur un nombre d’enseignes plus important que pour l’année 2001.

Second constat, plus prévisible, la part des ventes en ligne a progressé sur la période 2002 (première année où les chiffres sont connus)-2013 de 2,2% à 18%. La progression ne s’est donc pas faite sur le dos des libraires…

Où sont donc les victimes de la montée en puissance des libraires en ligne?

Sur la même période, la part des ventes Club (France Loisirs) et courtage est passée de 24,8% à 14,5%; celle des ventes dans les maisons de la presse, librairie-papeterie est passée de 8,9% à 4%. Une perte supérieure à la progression des ventes en ligne. Soit 15% du CA environ, qui sont passés vers la vente en ligne.

Rien ne permet de dire en l’état que la librairie est fragilisée par les ventes sur internet…

Bien sûr il ne s’agit pas de nier les difficultés qu’on les libraires aujourd’hui, mais il nous semble important de prendre en compte cette étude rendue très difficile par l’absence de transparence des acteurs du secteur du livre.

Nous espérons aussi que cette étude permettra de remettre en perspective le débat caricatural : Gentils libraires vs Méchant Amazon en posant la vraie question : celle de la fiscalité des multinationales et de la nécessaire réforme fiscale à l’heure du commerce des données… Amazon ne doit pas ainsi être considéré par rapport au « secteur du livre » mais bien par rapport aux enjeux économiques et sociaux que son activité soulève. Au même titre que d’autres multinationales c’est bien sa tendance naturelle à produire des enclosures et à faire commerce des données de ses clients qu’il nous faut interroger.

Autre idée reçue bousculée par l’étude : le poids supposé faible de la commande publique dans le secteur du livre. A l’heure où aucun Ministre ne trouve important de se déplacer alors que la France accueille le plus grand évènement professionnel de cette communauté (le Congrès de l’IFLA à Lyon a regroupé plus de 4 000 bibliothécaires de 120 pays cet été), il est bon de rappeler que les bibliothèques pèsent 12,8% du CA des éditeurs (chiffres 2012).

La dernière idée reçue est méthodologique : il serait facile à l’heure des données ouverte d’évaluer la commande publique… or il n’en est rien. Comment évaluer précisément les impacts économiques des politiques publiques dans lesquelles s’inscrivent les bibliothèques si le principal organisme collecteur des données d’acquisition, la SOFIA, ne publier aucun chiffre? Il nous semble urgent d’appeler à une politique d’ouverture des données pour les organisme assurant des missions officielles.

Nous vous invitons à vous saisir de cette étude, elle est librement accessible avec tous les chiffres analysés. Nous vous invitons à discuter de ces chiffres et à aller au delà des idées reçues.