http://www.henriverdier.com/2014/10/gouvernement-des-algorithmes-whats-next.html

De nombreuses règles juridiques pourraient donc nous permettre de travailler, et de civiliser, les nouvelles formes de régulation algorithmique. Nous pourrions par exemple discuter des principes suivants : – favoriser, en toutes situations, les stratégies de capacitation : la puissance des algorithmes peut être appliquée pour clore les débats, en prétendant que la science a parlé, ou pour augmenter le choix des acteurs. Dans tout design de système d’information, il faut favoriser le plus large choix des acteurs ; – refuser la décision algorithmique, comme le prévoit la loi de 1978. Aucune décision de nature individuelle ne peut être prise sur la seule décision de la machine. – réclamer la transparence des algorithmes, afin que les gens puissent savoir au nom de quels critères ils vont être analysés et afin de permettre la critique des attendus de ces algorithmes ; – redonner aux citoyens le contrôle de leurs propres données personnelles (dans l’esprit du droit d’accès et de rectification des documents administratifs, mais sans verser dans les excès du « droit à l’oubli ») ; – apprendre à réguler les nouveaux monopoles fondés non pas sur l’appropriation des données, comme le prétend le débat public aujourd’hui, mais sur la capacité à traiter ces données mieux que d’autres. Ce ne sont que quelques premières pistes, nous en inventerons d’autres. Mais c’est bien dans ces directions qu’il nous faudra travailler si nous voulons apprendre à vivre dans ce monde naissant.