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« Ils sont déçus, mais prêts à recommencer quand il faudra (et ça ne manquera pas d’arriver). Pendant les débats sur la dernière loi antiterroriste, adoptée en commission mixte paritaire mardi, l’Assemblée nationale s’est transformée en théâtre de leur défaite. Terrorisme et internet Dans la loi antiterroriste, plusieurs points concernent Internet : l’administration pourra désormais bloquer des sites ou déréférencer certains de leurs contenus ; « l’entreprise individuelle terroriste », doit être caractérisée par deux comportements cumulés, parmi lesquels la consultation habituelle de sites internet appelant au terrorisme ; l’apologie du terrorisme, qui relevait auparavant du droit de la presse, est transférée dans le code pénal ; les policiers pourront infiltrer des forums sous pseudonyme. Minoritaires dans leur propre camp, ces députés de tous bords devenus par la force des choses spécialistes des questions numériques, ont bataillé en vain pour éviter l’adoption de mesures liberticides, notamment le blocage administratif de certains sites. Rue89 a réuni trois de ces conjurés « cyberoptimistes » qui se heurtent régulièrement à l’idée si répandue, au sein de l’hémicycle et de chaque groupe politique, qu’Internet, c’est le mal. Un espace insaisissable et menaçant, auquel il faudrait appliquer des mesures particulièrement sévères pour s’en assurer le contrôle. Christian Paul (PS « frondeur », Nièvre), Laure de La Raudière (UMP, Eure-et-Loir) et Isabelle Attard (Nouvelle donne, Calvados, groupe écologiste) prennent des airs de conjurés en se rejoignant dans un bureau de l’Assemblée réservé pour l’occasion. Ils se connaissent, se tutoient et ne rechignent pas à former ensemble leurs collègues moins avertis. »