http://paigrain.debatpublic.net/?p=9065

Texte de texte de Philippe Aigrain dans le séminaire L’humain au défi du numérique organisé par Milad Doueihi et Jacques-François Marchandise au Collège des Bernardins.​

​"Un commun suppose l’existence d’une ressource, une entité extérieure aux êtres humains et à laquelle ils décident de donner ce statut. Cette ressource peut être physique (des patûrages, une mangrove, l’eau du bassin versant d’une rivière, le bois d’une forêt) ou informationnelle (un logiciel, un contenu dans tel ou tel média, une séquence génétique). Les entités informationnelles ont des supports physiques ou sont manipulées par des machines physiques, mais considérées en tant qu’information, elles sont intangibles. La grande différence entre les communs informationnels (on dit aussi les communs d’information et de connaissances) et les communs physiques réside dans le degré de séparabilité entre la ressource et les pratiques ou actions dont elle est l’objet. L’accès et l’usage des communs physiques doit nécessairement être restreint pour éviter leur épuisement ou leur détérioration. A l’opposé, les biens communs numériques se rapprochent de ce que les économistes ont appelée des biens publics : ils sont non-rivaux, l’usage ne faire qu’en augmenter la valeur et il est très difficile et non pertinent d’empêcher cet usage (ils sont « non-excluables »). De ce fait les communs numériques attribuent le plus souvent les droits d’usage et de contribution à une communauté universelle et non à une communauté particulière."​