SavoirsCom1 se joint aux nombreuses autres associations qui se sont positionnées contre la loi Renseignement et appelle les citoyens à participer au rassemblement programmé le lundi 4 mai sur l’esplanade des Invalides à partir de 18h30.
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Cette loi constitue une véritable menace pour nos libertés, en transformant chaque citoyen en suspect potentiel. SavoirsCom1 dénonce également l’instrumentalisation d’Internet faite par les représentants politiques et la remise de ses principes fondamentaux. La lutte légitime contre le terrorisme devient une lutte contre la liberté d’expression et la circulation des idées sur le réseau. Le gouvernement assimile Internet à un centre de recrutement de terroristes, alors qu’il constitue avant tout un bien commun que cette loi menace gravement.

La procédure accélérée de la loi imposée par Manuel Valls et Bernard Cazneuve accentue le caractère anti-démocratique de ce projet. Ce moyen est employé pour éviter les discussions et la possibilité d’amender la loi. C’est aussi une stratégie pour empêcher la mobilisation citoyenne de s’organiser.

Le gouvernement  a eu beau jeu de s’émouvoir de la surveillance orchestrée par la NSA  dénoncé par Edward Snowden. Son argumentation est doublement fallacieuse : il explique que les GAFA collectent déjà nos données personnelles, alors pourquoi l’Etat ne pourrait pas en faire de même ? Mais le fait de recourir aux services de Google ou de Facebook relève d’un choix personnel. Avec la loi renseignement, nous ne pourrons plus éviter d’être spolié de nos données personnelles et de notre vie privée. Cela deviendra une réalité incontournable !  D’autre part, les GAFA ne disposent pas de pouvoirs régaliens et des moyens de déployer des moyens de police pour inquiéter les citoyens à cause de leurs opinions.

Par ailleurs, l’argument consistant à dire que si vous n’avez rien à cacher vous n’avez pas de raison d’être inquiété par cette surveillance généralisée doit être sévèrement combattu. Accepteriez-vous d’être placé sur écoute parce que vous êtes supposés détenir des informations susceptibles, malgré vous, de favoriser le terrorisme, la délinquance ou l’espionnage ? Ne l’oublions pas, la lutte contre le terrorisme n’est qu’une façade mise en avant pour nous faire accepter cette loi. En effet, cette surveillance de masse pourra s’appliquer à des domaines bien plus larges : sécurité publique, intérêts de la France à l’étranger, intérêts économiques, industriels et scientifiques du pays, atteintes aux institutions républicaines etc… L’argument de la culpabilité est absolument malhonnête et vise uniquement à nous imposer de renoncer à nos libertés. Refusons ce chantage infantilisant !

Beaucoup des penseurs des biens communs insistent sur les relations positives qui peuvent se nouer entre l’Etat et la sphère des Communs. David Bollier parle par exemple d’un « Etat, garant des communs » et Michel Bauwens développe le thème de « l’Etat partenaire ». Mais en s’engageant avec cette loi sur le terrain de la surveillance de masse de la population, les gouvernants sont en train de sapper complètement la confiance qui peut être placée en l’Etat. Comment par exemple croire encore aux efforts, louables par ailleurs, que l’Etat effectue en matière d’Open Data, si dans le même temps il surveille les citoyens dans l’opacité et sans garantie pour les droits fondamentaux ?

Il n’y a plus de biens communs possibles sans confiance réciproque. Cette loi installe un état de suspicion généralisée, qui s’attaque aux conditions de possibilité d’émergence des Communs.

L’esprit du 11 janvier qui a animé le pays défendait des valeurs comme la liberté d’expression et la liberté de penser. Il ne faut pas que le gouvernement se serve de cette mobilisation pour priver la population de ses libertés fondamentales !