Le collectif SavoirsCom1 est signataire du communiqué de presse  de l’April pour dénoncer  un partenariat indigne des valeurs affichées par l’Education Nationale. Le communiqué a été publié le 3 décembre 2015 sur le site de l’APRIL.

 Le principe N°6 de notre manifeste soutient le principe de l’interopérabilité et de l’usage des logiciels libres.

« 6. L’usage des logiciels libres est de nature à garantir aux utilisateurs la possibilité d’expérimenter, d’innover, de créer du code informatique ouvert et de qualité. L’approche par les communs ne favorise pas seulement l’ouverture du code, mais repose sur l’usage de protocoles et de standards ouverts. Elle valorise ainsi les dynamiques de leur appropriation, et, par conséquent, la réappropriation des enjeux et des données qui leur sont relatifs. »

Paris, le 3 décembre 2015. Communiqué de presse.
Lundi  30 novembre 2015, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche Najat Vallaud-Belkacem a annoncé la signature d’un partenariat entre Microsoft et son ministère. Les organisations signatrices de ce communiqué dénoncent une collusion d’intérêts : ce partenariat prévoit de présenter une fois de plus aux élèves un logiciel privateur et des formats fermés comme seuls outils incontournables et par voie de conséquence la dépendance comme modèle à adopter. Tout cela tend à renforcer la position dominante de l’entreprise américaine, au détriment des logiciels libres et des formats ouverts, qui pourtant respectent les principes élémentaires de neutralité et d’interopérabilité.
Le  texte intégral de l’accord,  disponible sur le site de l’Éducation Nationale,  présente plusieurs   axes, dont la formation des enseignants à la maitrise des environnements  Microsoft en classe, la mise à disposition d’un écosystème Cloud, d’une  plateforme de formation à distance. L’apprentissage du code  se fera aussi sous l’égide de l’entreprise américaine. C’est donc une  véritable mise sous tutelle de l’informatique à l’école, réalisée de plus sans consultation des acteurs de l’éducation, y compris en interne.
Au sein de cet accord aucune prise en considération  du travail des personnels de terrain, des  enseignants, des chercheurs n’a été prévue par les parties. Ceux-ci, pourtant les  plus au fait des besoins des  élèves, de leur administration et des  contraintes liées au partage des  données dans leurs établissements, ont  accumulé un savoir-faire considérable que l’accord prévoit purement et  simplement d’ignorer pour « former » les cadres et les enseignants aux  technologies qu’ils voudraient imposer. De même, il n’est fait aucun cas de l’appel en faveur des formats ouverts dans l’éducation qui, pourtant, a été soutenu par des associations professionnelles d’enseignants, des syndicats, des entreprises, des individus, mais a été ici mis de côté.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel partenariat est signé : déjà en 2005 un accord avait été signé. Mais ce  partenariat apparaît d’autant plus navrant qu’il fait suite aux récentes révélations sur l’espionnage facilité par Microsoft et sa politique de collecte d’informations personnelles de l’utilisateur.
Ce partenariat est d’autant plus regrettable qu’il  va à l’encontre des objectifs de l’école, et témoigne d’une absence de  volonté politique de promouvoir la diffusion et l’appropriation par tous  de la connaissance et des savoirs. Une volonté politique affirmée aurait pourtant pu mettre en avant des solutions en logiciel libre, respectueuses des libertés de chacun, des  standards ouverts et de l’interopérabilité qui permettent aux élèves de progresser en informatique sans enfermement  technologique. Cette proposition fait d’ailleurs partie des plus soutenues de la consultation sur l’avant projet de loi « République  Numérique» d’Axelle Lemaire .   L’école va devenir une fabrique d’inégalité, l’argent servant par la  suite de discriminant dans le choix des logiciels et des services.
Fin  2011, François Hollande avait fait de la jeunesse la « la grande cause de l’élection  présidentielle »1. Visiblement, une nouvelle fois, la jeunesse et la formation des esprits sont sacrifiées au profit d’intérêts économiques de grandes firmes américaines.
Organisations signatrices  (au 4/12/2015)
  • April
  • Adullact
  • AFUL
  • CNLL
  • framasoft
  • FSFE (Free Software Foundation Europe)
  • FSF France
  • SEP-UNSA
  • CGT Éduc’Action
  • Association Enseignement Public & Informatique (EPI)
  • Fédération SUD Éducation
  • SGEN-CFDT
  • AbulÉdu-fr
  • La Mouette
  • Fédération des Enseignants Documentalistes de l’Éducation Nationale (FADBEN)
  • SavoirsCom1