http://www.inaglobal.fr/numerique/article/du-digital-labor-l-uberisation-du-travail-8747

En 1968, J.C.R. Licklider publie un article, « The computer as a communication device » qu’il conclut par cette question : « Pour la société, savoir si l’impact (du fait d’être « en ligne » et d’utiliser des ordinateurs pour communiquer, NDLR) sera bon ou mauvais dépendra principalement de la réponse à cette question : être connecté (« to be on line ») sera-t-il un privilège ou un droit ? Si c’est seulement un segment déjà favorisé de la population qui a une chance de profiter des avantages permis par la facilitation de ces capacités intellectuelles nouvelles (« intelligence amplification »), alors le réseau pourrait amplifier / aggraver la discontinuité dans l’éventail de l’accès à ces nouvelles opportunités (« intellectual opportunity » »). À l’aube du XXIe siècle, c’est la même question qu’il faut poser une fois acté le remplacement d’un certain nombre de tâches et de fonctions par des automates, des algorithmes ou des robots. Ces nouvelles formes de « travail journalier à la tâche », ce « salariat algorithmique », produit d’une rationalité calculatoire — par bien des aspects efficiente et par bien d’autres aliénante — sera-t-il un privilège ou un droit ?