http://www.inaglobal.fr/numerique/article/le-digital-labor-est-il-vraiment-du-travail-8674?tq=7

Totalement d’accord avec ça : ‘Contrairement à ce qu’affirment plusieurs penseurs du digital labor, cette approche se révèle assez inopérante dans le contexte d’Internet. En effet, la valeur générée par les internautes n’est pas proportionnelle à leur quantité de travail, mais dépend de bien d’autres paramètres : la popularité des contenus qu’ils postent, l’intérêt marchand des données qu’ils sèment, leurs investissements relationnels sur les plates-formes, etc. De plus, il est en général impossible de mesurer la contribution de chaque individu à la production de valeur, puisque celle-ci résulte de processus complexes d’agrégation et de coopération. De même, il est extrêmement difficile de quantifier un temps de travail, et donc de surtravail, dès lors que la frontière entre activités productives et non productives se révèle de plus en plus poreuse dans le cadre de nos vies numériques. Enfin, l’économie d’Internet opère souvent une disjonction entre valeur d’usage et valeur d’échange (c’est très net dans les modèles du « gratuit »), disjonction qui se comprend mal dans un référentiel marxiste où la marchandise est conçue comme l’unité immédiate des deux. Pour toutes ces raisons, bien mises en évidence par les penseurs de ce que certains appellent désormais l’ « Italian Theory » , la reprise du concept classique d’exploitation ne semble pas en mesure d’éclairer ce qui se joue dans nos activités en ligne. Il faut, par conséquent, reconnaître à la notion de digital labor une grande force de suggestion mais aussi certaines limites, qui ne sont pas forcément celles que l’on croit. La notion souffre moins du fait de qualifier comme travail des activités vécues comme du loisir, que de n’être pas assez précisément circonscrite et de ne pas s’affranchir suffisamment des cadres de l’économie marxiste orthodoxe. ‘